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La chirurgie au secours des myopes

02/01/2007 - Lu 12350 fois
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La fin des lunettes n'est peut-être pas pour demain, mais la chirurgie réfractive fait de tels progrès que de plus en plus de myopes peuvent se dispenser de porter des verres correcteurs. Chaque année en France, de 100 000 à 115 000 opérations de correction de la myopie ont lieu.
On a maintenant assez de recul pour estimer qu'elles donnent de bons résultats sur une longue durée. Toutefois, le coût de ces interventions (de l'ordre de 3 000 euros pour les deux yeux) ne les rend pas accessibles à tous, comme le reconnaît le professeur Joseph Colin (CHU Pellegrin, Bordeaux), président de la Société française d'ophtalmologie.

La myopie est liée à un problème de mise au point. Tel l'objectif d'un appareil photo mal réglé, l'oeil myope produit une image floue. Les rayons lumineux passent à travers la cornée et le cristallin, qui fait office de lentille optique, et convergent au fond de l'oeil sur la rétine. Trop long, l'oeil myope forme une image en avant de la rétine. A l'inverse, l'oeil hypermétrope, trop court, produit une image qui ne serait nette qu'en arrière. Avec des verres, des lentilles ou via la chirurgie, la correction vise à modifier le trajet des rayons lumineux de manière à former une image exactement sur la rétine, donc nette.

"La myopie dépend de deux déterminants majeurs : la génétique et l'environnement", indique le professeur Colin. Il reste beaucoup à découvrir sur la première, mais le rôle du second est avéré par la façon dont la myopie gagne du terrain. "En France, elle reste à peu près stable et touche environ 25 % de la population, mais elle augmente spectaculairement en Asie, notamment du Sud-Est, où environ 80 % des adolescents sont myopes", précise le professeur.

Généralement, la myopie apparaît dès l'âge de 3 ou 4 ans. Elle évolue notablement jusqu'à la puberté, mais pratiquement plus passé 18 ans. Pour cette raison, on n'opère pas une myopie en cours d'évolution, car la correction se révélerait insuffisante par la suite.

La chirurgie par laser sous anesthésie locale est apparue dans les années 1990, avec le laser Excimer. Retirant un quart de micron d'épaisseur à chaque impact à la surface cornéenne, celui-ci permet de remodeler la cornée jusqu'à lui donner le profil voulu pour obtenir une image parfaitement formée sur la rétine. "Avec le laser, nous avons appris que la cornée ne se comporte pas comme le plastique, avoue le professeur Colin. Elle a des réactions biologiques. Au cours des dix dernières années, les évolutions technologiques ont permis de mieux contrôler ces réactions." En effet, les interventions avec le laser Excimer étaient parfois suivies de douleurs et d'une sensation temporaire de voile devant les yeux.

Le Lasik, acronyme de "laser in situ keratomileusis", permet un remodelage dans l'épaisseur de la cornée, après en avoir incisé la surface avec un instrument chirurgical. Cette intervention peu douloureuse permet une récupération visuelle rapide. "Le patient peut reprendre le travail le lendemain ou le surlendemain. En outre, il est possible de procéder à des ajustements si la correction est insuffisante", souligne le professeur Colin.

Dernier-né, le laser femtoseconde permet de réaliser à la fois l'incision de la surface cornéenne et le remodelage dans l'épaisseur. Mais cette technique coûte 1 000 euros de plus que le Lasik.

Il existe des contre-indications à la chirurgie de la myopie par laser, comme la myopie évolutive et les pathologies oculaires (herpès, allergie...). Elle est aussi déconseillée pour les personnes âgées de 45-50 ans - ces dernières ont tendance à devenir presbytes et auront donc besoin de lunettes pour la vision de près - et au-delà de 50 ans, quand la cataracte commence à s'installer. La mise en place d'un cristallin artificiel pour traiter la cataracte permet de corriger la myopie.

Si le coût d'une opération par laser femtoseconde est encore prohibitif, celui du laser Lasik se démocratise. Les interventions pratiquées dans le secteur public hospitalier sont moins onéreuses, et les mutuelles prennent de plus en plus souvent en charge cette intervention non remboursée par l'assurance-maladie.


. Source: LeMonde.fr

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